CV: L’expérience, ça se vend !

CV: L’expérience, ça se vend !

Attention, alerte subtilité : tout est dans le dosage. Donner trop de détails risque de rendre la partie « Expériences » de votre CV illisible, en oublier peut l’envoyer directement à la corbeille sans passer par la case entretien.
« Sur ses expériences, un candidat doit en dire assez pour donner envie au recruteur de le convoquer en entretien, mais pas trop, car il risquerait d’éliminer toute surprise ou de révéler une donnée éliminatoire », prévient Julie Applincourt, chargée de recrutement chez Konica Minolta. Cet équilibre en tête, reste à vous atteler à la sélection des éléments qui vous mettront le plus en valeur.
Ainsi, ne détaillez pas toutes les missions pour chacun des postes : sélectionnez une ou deux expériences particulièrement valorisantes et en lien avec le poste brigué, de préférence parmi les plus récentes, et synthétisez vos missions. « Il faut analyser ces expériences pour en tirer les éléments les plus pertinents par rapport à la cible visée », conseille Denis Perez, dirigeant du cabinet DP Conseil et formateur en recrutement. En outre, peu de candidats pensent aux chiffres, alors qu’ils sont souvent bien plus parlants qu’une description. Un commercial, par exemple, ne doit pas hésiter à indiquer quels étaient ses objectifs à son dernier poste, et de combien il les a dépassés. Pour les autres expériences, indiquez simplement l’intitulé du poste, les dates et le nom de l’entreprise.
La forme, ça compte
La partie "Expériences" occupe généralement 40 à 50% d’un CV. Les règles à respecter sont simples : commencez toujours par l’expérience la plus récente, puis remontez jusqu’à la plus ancienne. Indiquez les dates à gauche, suivies de l’intitulé de votre fonction, du nom de l’entreprise, ainsi que de son activité, s’il s’agit d’une société peu connue, puis finissez par le lieu de travail. Pour une lecture plus facile, pensez à utiliser du gras afin de mettre en valeur le nom de l’entreprise et de votre poste et préférez les puces ou tirets pour lister les missions.
Attention aux trous…
Vous vous êtes arrêté quelques années pour élever vos enfants, avez fait une pause pour voyager ou vous investir dans une association, ou connu le chômage ? Denis Perez conseille de le signaler sur le CV pour éviter la méfiance : « cela peut arriver à tout le monde, inutile de tenter de le cacher. »
Licenciement économique, délocalisation, réduction d’effectifs ? Précisez-le en petit et entre parenthèses, cela vous évitera d’avoir à aborder la question au cours de l’entretien et vous pourrez ainsi vous concentrer sur ce qui importe réellement : vos compétences et votre motivation. Toutefois, toute vérité n’est pas bonne à dire, évitez bien sûr de signaler une démission ou toute autre information qui pourrait vous dévaloriser.
Et les juniors dans tout ça ?
Pas facile de remplir la rubrique « Expériences » pour un jeune fraîchement débarqué sur le marché du travail. Les CDI ne se sont pas accumulés et les employeurs ne sont pas légion. Pour donner du corps à votre CV, utilisez les stages, les jobs étudiants ou encore les projets associatifs. « Il faut les inclure, car ils démontrent un dynamisme et une motivation toujours appréciés », souligne Julie Applincourt. Mettez bien sûr en avant votre stage de fin d’études, ou bien l’expérience la plus pertinente par rapport au poste recherché, et détaillez vos missions, comme vous feriez pour de vrais emplois. Même les petits jobs peuvent être inclus car ils permettent d’acquérir des compétences et des qualités humaines intéressantes pour le recruteur : un été passé à servir dans un bar développe la sociabilité et les capacités d’intégration, quelques semaines de surveillance des bassins dans un parc aquatique démontrent une fiabilité évidente…
Pour autant, ne faîtes pas du remplissage, détaillez uniquement les éléments pertinents pour le recruteur. Ceux-ci sont bien sûr conscients de votre âge et savent que votre rubrique « Expériences » ne peut être aussi fournie que celle d’un senior.