Emploi : près d'une femme diplômée sur trois est au chômage

Une décomposition encore plus fine de ces statistiques montre que la population féminine diplômée est celle qui est le plus frappée par le chômage : près de 28% au deuxième trimestre de 2011 (dernier chiffre disponible sur cette catégorie de chômeurs), soit le double des hommes diplômés (14,2%). Et ce niveau de chômage, après la décrue amorcée en 2004, est en hausse depuis 2009 (voir graphe).
Est-ce le résultat d’une quelconque discrimination à l’égard des femmes ? Ou bien, par découragement, les femmes diplômées auraient-elles renoncé à rechercher le travail, basculant de ce fait dans la population inactive ? C’est un fait établi que la participation féminine à l’activité économique reste encore très faible. La preuve : le taux d’activité des femmes est de 26%, un niveau en baisse depuis 1999 (30,4%). Au Maroc et en Afrique du Nord, en général, le travail reste principalement une affaire d’hommes, d’où le taux d’activité féminin le plus bas par rapport aux autres régions du monde.
En France, femmes et hommes au même niveau
Il s’agit là d’une évolution pour le moins paradoxale : d’un côté, la participation de la femme, reflétée par le taux d’activité féminin, est non seulement faible mais en régression, de l’autre côté, une population totale partagée presque à égalité entre les hommes (49,65%) et les femmes (50,35%).
Nous l’avons déjà indiqué ici, si le taux de chômage national est au niveau où il se trouve aujourd’hui (9,1%), c’est en partie parce que les femmes ne participent pas assez à l’activité économique. Au regard de cette réalité, le taux de chômage des femmes diplômées ne doit ni surprendre ni étonner ! En France, par exemple, le chômage des femmes de niveau supérieur (Bac+2 et plus) est quasiment le même que celui des hommes de même niveau de formation : respectivement 5,3% et 5,4%.